Syndicat CGT Transports
Les Coursiers à Vélo Toulousains
Les liraisons au bout du monde et dans des zones dangereuses :
Une aberration tant par la distance que par le danger d'y aller à vélo
Les conditions hivernales, (froit, humidité, ...), sont également éprouvantes pour des travailleurs qui n'ont pas de local ou se réchauffer
Eté comme hiver, les coursiers Just Eat n'ont pas de locaux à Toulouse.

PSE chez Just Eat : la CGT demande des comptes !

Plan social

A peine plus d'un an après le lancement en fanfare de la filiale logistique du groupe Just Eat Takeaway en France, par l'entremise de laquelle le groupe se gargarisait d'offrir le statut protecteur du CDI à ses coursiers, le groupe a annoncé en avril un plan de sauvegarde de l'emploi, anciennement plan social, envisageant de se délester d'un tiers de ses effectifs et de supprimer son activité de livraison dans 20 villes sur 27.

Il faut dire que le groupe anglo-néerlandais n'y était pas allé de main morte sur sa communication :

Défilé interminable sur les plateaux télé, auto-satisfaction des dirigeants à se prévaloir d'appliquer la loi, (un comble !), le tout pendant qu'en coulisses, les équipes juridiques de la nouvelle filiale logistique œuvraient, ordonnances Macron-Pénicaud à l'appui, pour réduire à la portion congrue les prétendus avantages du contrat de droit commun qu'est le CDI. En effet, avant même l'embauche du premier coursier, les employés administratifs validaient en petit comité un accord d'entreprise vidant de sa substance les avantages du CDI en renonçant par avance, partout ou cela était possible, aux avantages offerts par la convention collective nationale transports routiers et activités auxiliaires du transport.

A la surprise des clients donc, qui apprennent que les « salariés en CDI » (sic) ne disposent pas de locaux, n'ont pas de matériel mis à leur disposition, doivent utiliser leur propre vélo, leur propre téléphone, leur propre forfait internet et appels, et entretenir eux-mêmes l'ensemble du matériel.

Les personnels coursiers, chevilles ouvrières de la société, sont également privés des avantages dont jouissent les salariés administratifs : ils n'ont ni tickets restaurants, ni paniers repas, ni réduction sur les commandes passées sur leur propre plateforme.

L'accord d'entreprise prévoit que les horaires de nuit s'appliquent à partir de 2 heures du matin, alors que la plateforme arrête son service à minuit.

Seul le 1er mai est payé double, là ou la convention collective prévoit davantage de jours majorés. Les coursiers confirmés (ceux ayant 6 mois d'ancienneté), ne voient pas leur salaire augmenté en même temps qu'ils gagnent en compétences.

Maximisation encore de l'avantage patronal grâce aux barèmes d'indemnisation des licenciements sans cause réelle et sérieuse : à quoi bon se justifier de licencier des salariés qui demandent l'application de la loi - par exemple, sur la fourniture du matériel -, dès-lors qu'il est possible de licencier sans cause réelle et sérieuse étant donné le montant ridicule des indemnisations, là-encore grande œuvre de la sinistre Pénicaud. Un raisonnement ridicule qui consisterait à dire qu'il faut également abaisser le montant des amendes et peines encourues par les chauffards au prétexte que les gens n'oseraient plus conduire.

En d'autres termes, des ordonnances de sécurisation des patrons voyous, prises à un moment ou sous couvert d'ouvrir les postes de gouvernement à la société civile, on confiait les manettes au pire du lobby patronal.

En résumé : derrière la façade d'employeur éthique et respectable, des CDIs camelotes, réduits au strict minimum garanti par la loi, - ou plutôt ce qu'il en reste après 5 années de ravages estampillés La République des Emmerdeurs -.

Les coursiers toulousains ainsi que dans de nombreuses villes ne se voient fournir aucun matériel de travail. Lorsque quelques uns se sont élevés contre ce système et ont simplement refusé de travailler avec leur matériel personnel, la direction française a déguisé la situation en abandons de postes, prétexte à un licenciement pour faute grave.

Les délais pour obtenir un procès ainsi que le montant ridicule des indemnisations espérées en découragent plus d'un de faire valoir leurs droits.

Dans ce contexte, le téléspectateur type du JT de TF1, accroc aux analyses d'économistes cooptés, patentés, autosatisfaits et méprisants à l'enseigne du duo Attali & Minc, et dont le macronisme est le paroxysme, pourrait penser que l'entreprise, ainsi libérée du carcan soviétique du droit du travail à la française, devrait être florissante.

Et bien pas du tout !

En effet, après près de deux années d'exploitation intensive des salariés dans les conditions décrites ci-dessus, la direction française sort de son chapeau un plan social visant à ce que la filiale logistique de Just Eat France parvienne à la rentabilité.

C'est sans compter sur les déclarations antérieures du grand manitou de la Mère Maison, Jitse Groen, qui savonnait la planche de son concurrent Deliveroo dans la presse britannique au moment de son entrée en bourse, en expliquant que la logistique n'est jamais rentable, seul le marketplace peut l'être [1].

Ces mêmes explications ont été déballées devant le Sénat par la direction française elle-même [2], qui désormais en prend l'exact contre-pied devant le CSE.

[1] https://www.thetimes.co.uk/article/good-luck-trying-to-deliver-a-profit-just-eat-chief-jitse-groen-tells-rival-0sgk7z06r

[2] http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20210405/2020_04_08.html
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