Syndicat CGT Transports
Les Coursiers à Vélo Toulousains
Les liraisons au bout du monde et dans des zones dangereuses :
Une aberration tant par la distance que par le danger d'y aller à vélo
Les conditions hivernales, (froit, humidité, ...), sont également éprouvantes pour des travailleurs qui n'ont pas de local ou se réchauffer
Eté comme hiver, les coursiers Just Eat n'ont pas de locaux à Toulouse.

Élections CSE chez Just Eat : après les tripatouillages entre copains, le racolage

It Clown Elections CSE

Ce mois-ci se tiennent les premières élections au CSE de la filiale française du groupe Just Eat Takeaway.

Le protocole d'accord pré-électoral a été l'occasion d'un grand tripatouillage au cours duquel certaines organisations syndicales, en l'espèce la CFDT et FO, de concert avec la direction, se sont arrangées pour exclure, de fait, la majorité des salariés de l'entreprise, tant du collège électoral que des sièges à pourvoir.

En effet, le cadre légal des élections au Comité Social et Économique (CSE) est défini par le code du travail de manière suffisamment large et permet des ajustements en fonction des circonstances particulières de chaque entreprise. Le droit commun prévoit que ne peuvent être candidats au CSE que les salariés ayant au minimum une année d'ancienneté. Ne peuvent être électeurs que les salariés ayant 3 mois d'ancienneté.

Ces règles très générales ne s'imposent pas à l'entreprise : en effet le protocole d'accord pré-électoral permet d'abaisser les seuils d'ancienneté, notamment lorsque leur application conduirait à exclure de fait un trop grand nombre de salariés des sièges à pourvoir ou de la qualité d'électeurs.

C'est précisément sur le premier critère que s'est déroulé ce marchandage: la CFDT et FO, dont le représentant a pris son bâton de pèlerin et est en mission séduction à Toulouse cette semaine, se sont mis d'accord avec la direction pour ne pas abaisser les seuils d'ancienneté, ce qui leur permet de s'assurer que l'essentiel des sièges à pourvoir seront réservés à des salariés de seulement deux villes : Paris et Lyon.

Comment cela est-il possible ?

Très simplement car la société Takeaway.com Express France SAS a déposé ses statuts à l'été 2020 et a commencé ses embauches à l'automne de la même année, à Paris exclusivement, avant d'ouvrir les villes de Lyon, puis Toulouse en mars 2021 avant d'autres villes, (Nantes, Nice, …).

Le résultat ?

D'une part en raison du calendrier d'ouverture des villes : les contrats toulousains les plus anciens remontent au 29 mars 2021 ; d'autre part en raison de l'énorme turnover au sein des équipes : de fait, à Toulouse, non seulement la société n'a ni locaux ni matériel, mais de surcroît il n'y aura tout simplement aucun candidat et de fait aucun élu au CSE, et ce pour les quatre prochaines années.

La gouvernance des parisiens, par les parisiens, pour les parisiens :

De fait, bien loin de faire remonter les problèmes de terrain que les coursiers Just Eat rencontrent à Toulouse, le CSE en sera réduit à un petit comité ou l'on discute des problèmes entre salariés du même bled.

Il n'y aura aucun représentant au CSE qui soit directement impacté par les conditions de travail dans la ville rose, et les coursiers en seront réduits à quémander à une organisation syndicale qui n'est même pas représentée à Toulouse parmi les coursiers de bien vouloir ne pas oublier de traiter de leurs (nombreux) problèmes.

Aujourd'hui FO vient vous promettre de vous représenter ; hier ils s'assuraient que 26 villes sur 28 ne puissent pas être représentées.

Pourquoi c'est un scandale ?

Bien avant l'arrivée de Just Eat à Toulouse, la CGT s'est mobilisée, depuis des années, pour l'amélioration des conditions de travail des plus précaires : les ubérisés, que ce soit pour Uber Eats ou Deliveroo, … Pour ce qui est de Just Eat, les débrayages d'octobre ont permis l'augmentation de l'indemnité kilométrique, ceux du 31 décembre ont forcé la société à changer sa politique de congés sans solde lors des pannes de vélo, et les mobilisations à venir seront l'occasion de nombreuses améliorations des conditions de travail.

Qu'est-il possible de faire :

Si aucun salarié toulousain ne peut être candidat aux élections, la CGT n'est pas absente des candidats : en effet, quelques rares non-parisiens ont pu remplir la condition d'ancienneté et se porter candidats sur la liste CGT. Même si ils ne sont pas toulousains, au moins se sont-ils déjà mobilisés à nos côtés et ont contribué à l'amélioration de nos conditions de travail.

Pour ce qui est de notre visiteur parisien, on ne peut pas dire qu'il se soit beaucoup engagé aux côtés des coursiers toulousains, sauf pour venir les racoler, en pleine semaine électorale.

Comme dit un proverbe anglais : trompe-moi une fois, honte à toi, trompe-moi deux fois, honte à moi. Ne soyez pas honteux. Votez pour la liste CGT.

P.S : bonne Saint Valentin quand même.

Utilisation des cookies :

Ce site internet utilise des cookies.
Certains d’entre eux sont essentiels au fonctionnement du site et d’autres nous aident à améliorer votre expérience utilisateur. Vous pouvez décider vous-même si vous autorisez ou non ces cookies.